US Open (H) – Daniil Medvedev après son titre à l’US Open : « Je suis vraiment désolé pour Novak »

« Comment avez-vous planifié ce match, parfaitement exécuté jusqu’à décrocher votre premier titre en Grand Chelem ?
On parle toujours tactique la veille de match avec mon coach (le Français Gilles Cervara). Cela nous prend cinq ou dix minutes. Des petites choses : où je vais servir, ce que je vais faire pendant les échanges… Avant Novak, cela a pris 30 minutes. Pourquoi ? Parce qu’on s’est tellement joués avant que chaque match contre lui est différent. Il change sa tactique et son approche. Contrairement à la finale de l’Open d’Australie cette année (qu’il a perdu 7-5, 6-2, 6-2), je suis arrivé avec un plan très clair en tête. Évidemment, j’allais l’adapter à ce qu’il ferait. Mais mon plan était clair. Je ne pense pas qu’il était à son meilleur niveau aujourd’hui. Il avait beaucoup de pression. Moi aussi. C’était risquer de servir mes seconds services comme des premières balles. Mais je ne pouvais pas non plus lui donner des services faciles. Grâce à ma confiance, j’ai réussi.

Vous pensez avoir réussi à lui mettre une pression de tous les instants ?
Je l’avais déjà battu en deux sets d’affilée à Londres. Et il m’avait battu en trois sets d’affilée à l’Open d’Australie. Quand tu joues un mec du top mondial, cela se joue sur des détails. Il est au top, moi aussi. Peut-être que je n’étais pas au mieux en Australie. Peut-être que lui non plus ce soir. La question c’est  »est-ce que j’aurais pu le battre au meilleur de sa forme ? ». On ne le saura jamais. Mais je suis content d’avoir gagné.

Pouvez-vous comparer la pression que vous avez ressentie pendant ce match à d’autres expériences de votre carrière ?
Il y avait de la pression, c’est sûr. La deuxième fois que j’ai disputé une finale d’ATP 250, j’affrontais De Minaur. Un match fou à Sydney face à son public. Je menais 4-0, double break dans le troisième set. Puis 5-3, avec un break. J’ai fini par gagner 7-5. Un match incroyable avec beaucoup de nervosité. J’ai envie de dire que j’en avais moins aujourd’hui (dimanche) parce que j’ai beaucoup d’expérience. Je sais comment gérer mes émotions.

C’est une bonne chose d’avoir ressenti moins de pression qu’à d’autres moments de ma carrière, mais c’était encore beaucoup. J’ai commencé à cramper à 5-3. À mon avis, c’était dû à la pression du jeu à 5-2, quand j’ai eu une balle de match que je n’ai pas convertie. À 5-3, je n’avais plus de jambes. À 5-4, je ne pouvais presque plus marcher à cause de ma jambe gauche. Si vous regardez le replay, quand je marchais vers ma serviette, ma jambe n’avançait plus. J’essayais de ne pas le montrer. Si Novak s’en rend compte, ce n’est pas bon. Puis 40-15, encore deux balles de match. Je vise l’ace et je fais une grosse double faute. La deuxième balle était au milieu du filet… Il m’en reste une, je me dis de passer la première. Ça passe et je suis vraiment heureux.

« Les Russes savent comment faire la fête (sourire). J’espère que je ne ferai pas la Une de journaux pour ça »

Daniil Medvedev

Le public faisait énormément de bruit dans le troisième set sur vos jeux de service, comment avez-vous géré ça ?
C’était vraiment dur. Et ça m’a certainement fait faire quelques doubles fautes. Je savais que la seule chose que je pouvais faire c’était me concentrer sur moi-même et ce que je devais faire pour gagner le match. Je ne sais pas ce qui se serait passé s’il était revenu à 5-5, si j’allais devenir fou ou quelque chose d’autre. Ça ne s’est pas passé donc on ne peut pas en parler. Je pense que ce n’était pas contre moi. Ils voulaient voir leur gars remporter le Grand Chelem.

Vous vous rapprochez à environ 1400 points de la place de numéro 1 mondial. Est-ce votre prochain objectif ? Allez-vous adapter votre programmation pour l’atteindre ?
J’ai les points de Paris Bercy et du Masters à défendre. Novak n’en a pas tant que ça. Honnêtement, je crois que c’est impossible. Si on parle de programmation, qu’est-ce que je peux changer ? Il y a Indian Wells, Bercy, Turin et Vienne. Je ne jouerai pas à Vienne. Espérons que je gagne Indian Wells, Bercy et Turin. C’est un défi difficile. Je suis simplement heureux d’avoir gagné un Grand Chelem. Je vais donner le maximum à chaque tournoi. Ce n’est pas l’objectif principal que j’essaye d’accomplir cette année. Si j’y arrive un jour, ça sera génial.

Votre victoire est-elle encore plus agréable parce que c’était contre le numéro 1 mondial qui visait le Grand Chelem calendaire ? Vous avez dit être désolé, l’êtes-vous vraiment ?
Je suis vraiment désolé pour Novak, je ne peux pas imaginer ce qu’il doit ressentir. C’est encore meilleur comme ça, c’est certain. On parle d’un Grand Chelem calendaire… Après, si j’avais battu Botic en finale, j’aurais sans doute été aussi heureux. Pour ma confiance et pour la suite de ma carrière, savoir que j’ai battu quelqu’un qui en était à 27-0 cette année en Grand Chelem, qui m’avait battu en Australie, qui visait un truc historique… Ça m’apporte beaucoup de confiance pour ce qui arrive. Pour l’instant sur dur, on va voir sur les autres surfaces.

Expliquez-nous votre chemin pour arriver jusqu’ici, à être un vainqueur de Grand Chelem ?
Tout ce qui se passe pour la première fois est spécial. Quand j’ai gagné mon premier titre juniors, ça voulait dire beaucoup. Quand j’ai gagné mon premier Future, j’étais heureux. Je pense que quand on commence à répéter les choses, les émotions sont un peu différentes. J’explique ça parce qu’après avoir gagné le Masters, j’étais super content, c’était un exploit. Et j’en voulais plus. C’est mon premier Grand Chelem. Je ne sais pas comment je me sentirai si j’en gagne un deuxième. Donc je suis vraiment heureux. En plus (et contrairement à son titre à Toronto), je n’ai rien à faire dans un avenir proche donc je sais comment célébrer. Les Russes savent comment faire la fête (sourire). J’espère que je ne ferai pas la Une de journaux pour ça. »

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *